1. Fixer l’unité de décision avant d’examiner les preuves
Un go/no-go utile ne se prononce ni pour « le projet France » ni pour l’ERP dans son ensemble. L’unité minimale est une combinaison explicite : personne morale identifiée par son SIREN, direction du flux — réception, émission ou e-reporting —, population de transactions et circuit opérationnel concerné. Le SIRET peut ensuite préciser l’établissement ou le point de traitement, mais il ne remplace pas l’identification de l’entité responsable. Une matrice doit donc comporter une ligne par entité et par flux, avec régime applicable, date d’entrée, PA retenue, solution source, destination comptable et responsable de la décision. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI commencent aussi l’émission et l’e-reporting ; les PME et micro-entreprises commencent ces deux volets le 1er septembre 2027. Cette différence interdit de copier un verdict d’une filiale à une autre. Une PME peut être prête à recevoir sans avoir à signer dès 2026 son émission réglementée, tandis qu’une ETI du même groupe doit démontrer les trois dimensions. La règle pratique est simple : une ligne de matrice sans SIREN, direction, population et échéance reste indécidable. Il faut aussi distinguer ventes domestiques B2B, achats, opérations entrant dans une voie d’e-reporting et cas nécessitant une analyse fiscale. Un tableau qui affiche 96 % d’avancement, une démonstration générique de la PA ou un contrat groupe non rattaché aux entités ne suffit pas. Le risque classique est d’autoriser tout un groupe parce que son entité pilote a réussi. En cas de doute sur le champ fiscal d’une opération, consignez l’incertitude et obtenez une revue qualifiée fondée sur les sources à jour ; ne transformez pas une hypothèse de projet en conclusion juridique.